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TENNIS – Doit-on remporter un tournoi du Grand Chelem pour réussir sa carrière ? Pour Nick Kyrgios, c’est non.

Pendant que trois zigotos raflent tout depuis 15 ans dans le tableau masculin, les autres joueurs doivent se contenter des « miettes » en Grand Chelem. Des quarts, des demi-finales, des finales, et parfois même des titres arrachés à la surprise générale au nez et à la barbe du Big 3 (ou 4 pour les puristes). Est-ce assez pour prétendre avoir marqué le tennis ? 


Pourquoi ressortir ce débat du fond d’un tiroir tout à coup ? Déjà, par pure envie. Ensuite, car, après son succès au deuxième tour de Wimbledon, Nick Kyrgios a lâché une mini-bombe en conférence de presse d’après match.

« Je me mets moins de pression qu’avant, aujourd’hui je me sens beaucoup mieux, j’arrive à profiter de Wimbledon. Ça ne me dérange pas de ne pas gagner de Grand Chelem. Je sais que ça va mettre beaucoup de gens en colère : « Il devrait faire ci ou ça… » Sauf que non. C’est ma vie, pas la vôtre. M’amuser, faire le show, ça me suffit. »

Pour lui, l’important dans le tennis est donc de s’amuser maintenant. Ça, l’Australien le fait comme personne et peu de joueurs peuvent se targuer de mettre autant d’ambiance sur un court que lui. Bourré de talent dans les mains, il agace souvent les observateurs à ne pas forcément montrer un esprit de gagnant. Battre Federer, Djokovic ou Nadal ? C’est fait et avec style. Twinners, ace sur deuxième, coups de fusil… tout y est ! Pourtant, il n’a jamais été capable d’aller plus loin que les quarts en Grand Chelem. Chose dont il se fout royalement. Il ne se met pas dans la catégorie des trois monstres sacrés. Une carrière avec 20 titres en majeurs, c’est bien pour eux mais dur de s’identifier à des « Dieux » comme il les appelle. Nicholas Hilmy Kyrgios, c’est un gars normal chez qui les gens peuvent se retrouver. Et pourtant à la fin de sa balade sur le circuit ATP, pourra-t-on dire qu’il a réussi sa carrière ? Selon Goran Ivanišević, ancienne star de la petite balle jaune dans les années 90, « si Nick Kyrgios ne gagne pas un Grand Chelem, c’est une honte pour le tennis ». Entre bad boys les mots sont crus et la phrase est sortie cette année. 

Nick n’a encore que 25 ans et tout le temps d’aller choper un beau palmarès sur un coup de tête avant de raccrocher. Pour d’autres, le gros du chemin est fait. Nos mousquetaires, Gasquet, Tsonga, Monfils et Simon ne vont vraisemblablement pas aller titiller les sommets dans un des quatre Majeurs avant de ranger définitivement la raquette. Pour autant, ils resteront dans les grandes colonnes du tennis tricolore. Jo est mine de rien le Bleu le plus victorieux en Grand Chelem et les autres ont aussi eu des perfs’ mémorables dans leur road trip de près de 20 ans. Sans les mastodontes, beaucoup auraient une armoire à trophées bien plus fournie. Si les titres rentrent en compte dans la discussion du GOAT (Greatest of All Time, meilleur joueur de tous les temps), leur importance est moindre dans celle d’une carrière remplie et accomplie. Rentrer dans le top 100 est déjà un bel accomplissement. Arriver à être dans les 50 meilleurs joueurs du moment n’est pas dégueu non plus. Aller chercher un top 10 MON-DIAL, là, nous sommes sur du très lourd ! Si on fait un parallèle avec le foot, faire partie des dix meilleurs tennismen ou tenniswomen du globe, c’est grosso modo comme finir dans le top 10 au Ballon d’Or. Par exemple, au pied balle, Iniesta est considéré comme un des plus grands milieux de l’Histoire sans n’avoir jamais soulevé le trophée France Football.

Conclusion : t’es joueur professionnel de tennis ? C’est cool ! T’as été top 10 ? T’es un boss !! T’as gagné un Grand Chelem ? T’es un monstre !!! T’en as gagné une vingtaine ? T’es un DIEU !!!!!! Et notre époque dans le sport nous gâte sacrément. 

L'auteur : Thomas Rodriguez

Thomas Rodriguez, étudiant en e-sport et gaming, rédacteur chef de sportime.fr, très talentueux et surtout humble !

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