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Plus on se renfloue et moins on voit clair

Des conditions climatiques extrêmes lors des championnats du monde d’athlétisme. Le spectacle et la santé des athlètes a été oubliée à Doha. Les valeurs du sport et la crédibilité sont mises en péril face à la cupidité des instances sportives, plus particulièrement l’IAAF.


Le Qatar accueillait du 27 Septembre au 06 Octobre le monde de l’athlétisme. Si l’on a eu le droit au « meilleurs mondiaux de l’histoire » en terme sportif selon Sebastian Coe, président de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme, ces derniers ont attiré les foudres. Les instances sportives semblent s’abandonner à leur vénalité.

C’est l’hécatombe !

Malgré des championnats repoussés d’un mois pour éviter les grandes chaleurs, les sportifs n’ont pas été épargnés. Les épreuves extérieures étant déplacées de nuit, difficile tout de même de faire abstraction de la chaleur étouffante (32°C) et des forts taux d’humidité (72%). Lors du marathon dames, on comptait près de 30 abandons sur 69 participantes. Le français Yohann Diniz, champion du monde en titre du 50km marche et recordman de la discipline a abandonné et n’a su préserver son bien. Les sportifs étouffent dans le golfe persique même s’il ne faut pas oublier que les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, ne connaitront pas forcément une chaleur beaucoup plus faible.

En ce qui concerne les épreuves en stade, le Khalifa Stadium est un bijou technologique mais à quel prix ? Les sportifs étaient exposés aux risque d’angines liées aux changements de températures lorsqu’il fit 25°C durant les dix jours de compétition. On s’est demandé si les instances sportives (IAAF et FIFA) se souciaient des conditions accablantes de construction des stades. Aucune protection sociale pour les travailleurs, un mort par jour, un bilan très lourd… Cela dit aucune prise de conscience des dirigeants semblants renoncer à gouverner le sport au dépens des sportifs, du public et de la compétition. La quête de l’enrichissement fait dorénavant partie du monde moderne du sport.

Quand la mondialisation sonne le glas

Cependant, le Qatar n’est pas le seul vilain petit canard. S’il fait l’objet de vives critiques par ses  détracteurs, ce sont surtout les pays voisins qui ont boycotté les jeux qataris pour des raisons purement politiques. Il est nécessaire de ne pas oublier le rôle crucial que jouent les instances sportives. La planète sport n’impose plus de limite à la logique de la mondialisation. Exemple probant : la finale de la Ligue Europa à Bakou organisée par l’Azerbaïdjan grâce au groupe Socar, sponsor majeur de l’UEFA. En parallèle, c’est un pays « autoritaire » mais par son investissement massif dans l’organisation de compétitions, la porte lui est laissée grande ouverte malgré les polémiques. En effet, le coût des déplacements pour les supporters étaient exorbitants, il n’y avait pas suffisamment de vols, Henrikh Mkhitaryan, le joueur arménien d’Arsenal a dû déclarer forfait à cause des menaces qui planaient sur son équipe.

L’aspect financier tourne au ridicule la crédibilité des instances lorsqu’on observe l’évolution des compétitions dans le football. 48 équipes en Coupe du Monde à partir de 2026, une Copa America avec le Japon et le Qatar, un Euro 2020 dans douze pays…

Et la sentence est irrévocable…

Enfin les supporteurs locaux s’effacent au profit des fanbases d’autres continents. Il y a quelques semaines en Ligue 1, Lyon – Nantes a débuté samedi à 13 h 30 pour complaire aux audiences chinoises. Plus étonnant encore le « derby » catalan Barcelone – Gérone de la saison dernière qui était prévu à Miami, avant que la FIFA ne mette son veto.

Le public des stades devient facultatif. « Le sport a été oublié à Doha. Ce n’est pas une culture d’athlétisme. Pas sûr que l’on ait un grand public » confiait Patrice Gerges, Directeur Technique National (DTN) de la FFA. Le spectacle offert par les championnats organisés au Qatar, qui sont terminés dimanche, montrent que lorsque les intérêts financiers et diplomatiques priment, ce sont les sportifs qui sont sacrifiés. « Les athlètes sont vraiment mis au second plan sur ce Championnat du monde, mais tout le monde le sait », déplore Kevin Mayer, champion du monde de décathlon en 2017.


C’est la question de l’engagement citoyen du sportif qui se pose ici. Qaund s’élèvent des voix, elles sont balayées par la fédération internationale (IAAF) au nom de l’ouverture de l’athlétisme à de nouveaux territoires. Une excuse, paraissant légitime, qui reviendra à chaque fois que la Fédération aura affaire à ces critiques. Face à la pression des fédérations, des sponsors, la volonté de performer à un an des jeux olympiques, il semble difficile de montrer son mécontentement, voire de faire des grèves.

L'auteur : Hugo Bouqueau

Etudiant en science politique, apprenti journaliste, s'inspirant des brillantes analyses de Ricco Blanco de la Plata ( cf Eric Blanc ). Sportime alimente votre molécule du plaisir, et je vous fais prendre votre pied. Faut pas voir petit, il faut voir juste.

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