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FOOTBALL – Ligue 2 : le nouvel Eldorado des investisseurs étrangers

En 2020, la pandémie de Covid-19 a favorisé l’émergence d’une kyrielle d’investisseurs souhaitant racheter des clubs de Ligue 2 à moindre coût. Face à l’absence de revenus générés par la billetterie, une plus-value sur le trading joueurs au point mort et des droits TV revus à la baisse, certains propriétaires ont saisi l’opportunité de se retirer.


Suite à la défaillance de Mediapro, détenant 80% des droits TV des ligues professionnelles tricolores, des propriétaires sont aujourd’hui proches de la banqueroute. Après avoir garanti 829 millions d’euros par an aux clubs professionnels, le groupe sino-espagnol s’est retiré du marché en raison de la crise sanitaire et économique.

Déjà orphelins de leur public, représentant 10 à 15 % des recettes d’un club, les propriétaires ayant budgétisé avec la hausse des droits TV doivent faire face à une baisse des revenus télévisuels de 40% pour l’année 2020-2021, selon la Ligue de football professionnel (LFP). Pour ces institutions dont le budget excède rarement les dix millions d’euros, cela représente parfois trois à quatre millions d’euros de perte.

Une course au Saint-Graal

Face à la chute de la valorisation des clubs de seconde division, de nombreux acheteurs, notamment des fonds d’investissement, se sont implantés dans cet Eldorado. Si bien qu’en 2021, 10 clubs sont en partie ou en intégralité la propriété d’investisseurs étrangers.

Le mercato ronronne. Le football anglais manque de moyens pour investir autant que les années précédentes dans la formation française. Les clubs de Ligue 1, ayant eux-mêmes besoin de liquidités, doivent limiter leur trading joueurs, impactant de concert la Ligue 2.

Cette dernière, détentrice de nombreux centres de formation qualitatifs, est devenue le nouveau terrain de jeu de certaines holdings. Par exemple, le City Football Group, présent sur quatre continents, s’est offert l’ESTAC dans l’intérêt de former et détecter des talents transférables à Manchester City, la maison mère. Plus récemment, la Berrichonne de Châteauroux a été rachetée par un milliardaire Saoudien via la société United World Group, qui détient déjà quatre clubs, dont Sheffield United en Premier League.

La crise sanitaire a accéléré un phénomène potentiellement préjudiciable aux divisions inférieures. La Ligue 2 pourrait servir de passerelle au bénéfice des clubs dominants en Europe. Ainsi, le sacrifice des objectifs des filiales semble inéluctable pour satisfaire ceux de la maison mère. 

L'auteur : Hugo Bouqueau

Etudiant en science politique, apprenti journaliste, s'inspirant des brillantes analyses de Ricco Blanco de la Plata ( cf Eric Blanc ). Sportime alimente votre molécule du plaisir, et je vous fais prendre votre pied. Faut pas voir petit, il faut voir juste.

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