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FOOTBALL – Bordeaux reçoit Marseille : 43 ans sans victoire ça fait beaucoup là non ?

Vous l’attendiez tous… ou pas. Ce 14 février, les lovers l’ont coché pour se taper un dîner aux chandelles, rose, Netflix and chill puis vous connaissez le récital. D’autres, à savoir les Bordelais, l’ont réservé pour suivre LE choc le plus ronronnant de Ligue 1 : Bordeaux – OM (25e journée). Voilà 43 ans que Marseille n’a pas ramené les 3 points de la Gironde.


Sacrée affiche sur le papier. Le 10e reçoit le 9e… Magnifique ! Ça nous donne déjà l’eau à la bouche ! Surtout lorsque l’OM annonce une pelletée de titulaires privée de déplacement :  Alvaro Gonzalez, Arkadiusz Milik, Duje Caleta-Car (blessés), Dimitri Payet (suspendu) et Hiroki Sakai (malade). Yessaï ! En temps normal, les Phocéens respirent le football total, alors on n’ose pas imaginer le spectacle que nous réserve cette affiche pas piquée des hannetons. 

Les Bordelais en ont eux aussi pour leur argent. Pendant que le club vit un déclassement sportif, économique et médiatique sans fin, les hommes de Jean-Louis Gasset manquent clairement d’une identité de jeu. Mais une série d’invincibilité unique et historique en Ligue 1, ça vaut de l’or. Quitte à déjouer…

Le début d’un conte de fée

La dernière fois que les Olympiens ont su tirer leur épingle du jeu, Marius Trésor était sur la pelouse du Parc Lescure (renommé stade Chaban-Delmas), les mecs avaient encore le droit de tacler les deux pieds décollés, et le PSG ne valait pas le moindre péco. L’iconique Béber Tapie n’avait pas encore mis les pieds dans le plat, c’est pour vous dire. Ce 1er octobre 1977, les Marseillais s’étaient imposé 2-1. Depuis, nada.

En 1984, le bon vieux samaritain Tapie prend les commandes. A Bordeaux, il y a Claude Bez. Autant vous dire que les deux compères se haïssaient. Répondant à la question de savoir ce qu’il pense de Marseille, le président bordelais assénait à l’époque : « Grande équipe… dommage qu’elle ait un tel président ». Pas besoin d’ajouter plus d’huile sur le feu pour qu’une rivalité prenne vie. 

A Bordeaux, cette invincibilité est inculquée à tous les joueurs formés ou de passage. Les Ultramarines, le spectaculaire kop girondin, tiennent particulièrement à cette série. Si bien que depuis 2005, ils se rendent au centre d’entraînement du Haillan pour rappeler aux joueurs à quel point ce record est précieux. 

La quête du match nul

Une série qui semblerait presque aujourd’hui plus importante que les 3 points. Ces dernières années, on a souvent vu un Bordeaux cesser de jouer pour préserver le score et surtout ne pas perdre ce match. Depuis la dernière victoire marseillaise en championnat en Gironde, les Girondins sont sur une série de 35 matchs sans défaite (21 victoires et 14 nuls) mais depuis 2005, il n’y a eu que 5 victoires pour 11 matchs nuls ! Et là on dit Grande

Les entraîneurs ne veulent pas porter le fardeau d’être « celui qui a arrêté la série ». La fierté des supporters, qui n’ont par ailleurs que ça à se mettre sous la dent, est primordiale. Là-bas ils sont tellement content d’un nul face aux mecs du sud qu’ils célèbrent ça comme s’ils avaient soulevé la Ligue des Champions. 

Si les bordelais semblent donc jouer le petit point du nul ces dernières saisons afin de prolonger ce record, il ne faut pas souiller leur honneur. Quelques matchs sont restés dans les annales du club. Celui de 2005, où les Bordelais reçoivent les joueurs de la Cannebière pour le compte de la dernière journée. Bordeaux joue sa peau. La pression est à son paroxysme. S’ils perdent, ils descendent. A la pause, ils perdent 2-1, mais finissent le match sur un splendide 3-3. Double mission accomplie : le maintien et la série. Il y a aussi ce match de 2006, durant lequel les Marseillais gagnent jusqu’à la 88ème. Mais qui voilà ? Le but de Fernando qui prive l’OM de Ligue des Champions. Nous n’oublierons pas non plus le mano a mano au sommet de la Ligue 1 version 2008-2009, où Bordeaux avait arraché le titre aux Olympiens pour trois petits points. 

Aujourd’hui, on semble bien loin de l’affiche qui faisait vibrer les supporters. Les matchs nuls à répétition ont fait perdre l’éclat de ce duel autrefois bouillant et attendu avec impatience. Dans un Matmut Atlantique vide, avec un OM incapable de s’imposer en Ligue 1 depuis le 6 janvier, le beau jeu ne devrait pas être de la partie.

Vous doutiez encore entre une petite soirée « romantique » – même si l’on sait comment ça va se terminer – et ce duel digne d’un Nantes – Sainté ? Une chose est sûre, ce cruel dilemme n’intéressera pas les célib’ qui n’auront d’autres choix que de se coltiner cette bonne vieille confrontation. Alors on leur souhaite bon courage et bon match !

L'auteur : Hugo Bouqueau

Etudiant en science politique, apprenti journaliste, s'inspirant des brillantes analyses de Ricco Blanco de la Plata ( cf Eric Blanc ). Sportime alimente votre molécule du plaisir, et je vous fais prendre votre pied. Faut pas voir petit, il faut voir juste.

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