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ESPORT – Nos athlètes de demain ?

Le 10 novembre, les Chinois FunPlus Phoenix sont couronnés champions de LOL contre les Européens du G2 Esports à l'AccorHotels Arena.

Les records chutent les uns après les autres sur la planète eSport. Celui de l’événement le plus regardé de l’histoire a été battu le 10 Novembre à l’AccordHotel Arena de Paris pour la finale de League of Legends (LOL). 1,75 million de spectateurs sur la plate-forme de diffusion de vidéo en direct Twitch – surpassant la célèbre « éclipse » de Fortnite. Plus de 3,9 millions de téléspectateurs simultanés au global, hors retransmissions télévisées et territoire chinois, Ça nous a donné l’impression pour la première fois d’être sorti des frontières générationnelles. Cependant,  l’eSport fait-il dorénavant partie du cercle fermé des activités sportives ?

Des similitudes existent. Une envie de gagner, des entraînements, des structures pour les joueurs des règles, des compétitions. Il n’en manque pas. « Les jeux vidéo font appel à des performances cérébrales et aux bras. À partir du moment où une discipline nécessite des facultés du corps, dans le sens où le cerveau est un muscle, c’est un sport », estime Olivier Morin. « Les échecs et le bridge sont bien considérés comme des sports, alors pourquoi pas l’eSport ? » ajoute t’il. On y retrouve les mêmes valeurs morales : le respect, l’esprit d’équipe, le dépassement de soi. Et la reconnaissance de ce dernier comme sport lui donnerait plus de crédibilité aux yeux du grand public. 

Jour des Premières.

Côté médiatique, la finale a eu l’honneur d’une chronique enthousiaste de BFM dans sa rubrique « Culture Geek ». FranceTV a pour la première fois diffusé l’événement sur sa plate-forme Internet, tandis que le quotidien L’Equipe, qui a recruté son premier journaliste spécialisé eSport à temps plein en mars, a consacré un supplément entier. Les poids lourds du sport (Ligue 1, PSG, Nike…) s’y mettent. Les marques y voient un intérêt financier, mais les acteurs plus traditionnels, comme les banques, sont pour le moment encore absents. Le haut niveau s’y développe à toute vitesse, mais les tournois amateurs sont encore à l’état embryonnaire.

Attention à la bulle !

Le chemin sera encore long pour se faire reconnaitre comme un Sport par les grandes instances. Les meilleurs joueurs s’organisent en équipes, dans des structures toujours mieux organisées et équipées : maillots spéciaux, matériel, locaux dédiés à l’entraînement et même des coachs, tout y est ! Les enjeux économiques sont alors de plus en plus conséquents… Exemple : l’acteur américain Will Smith a investi 46 millions de dollars dans l’équipe sud-coréenne Gen.G. Malheureusement, la complexité de l’action, l’aridité de la mise en scène télévisuelle et l’omniprésence des anglicismes et du jargon chez les commentateurs demeurent pour l’instant des freins à sa démocratisation. De plus, « Le secteur est axé sur le commerce alors que le mouvement sportif repose, lui, sur des valeurs », relève le CIO. Mais l’eSport se trouve sur la bonne voie. C’est le genre de grands événements sportifs internationaux, comme la NBA en janvier prochain par exemple, qu’essaye de faire venir Paris pour contribuer à l’activité touristique. La jauge des 15 000 spectateurs à l’AccorHotels Arena a été dépassée. C’est la confirmation que ces événements ne sont pas mineurs ou une niche. Quand tu remplis une telle enceinte, quand en matière de show tu donnes des leçons, tu t’imposes dans le game. 

Des pas vers la démocratisation

Entre l’organisation d’événements internationaux, la vente de places, les dotations de parfois plusieurs millions de dollars, les paris, la publicité placée par les sponsors et la publicité sur les sites de streaming en direct, l’eSport est un véritable business, à l’image de certains sports « classiques ». Tokyo accueillera du 22 au 24 juillet un tournoi pré-olympique organisé par Intel, sur les jeux Street Fighter V et Rocket League, tandis que Paris se bat pour accueillir une nouvelle compétition internationale majeure, comme une coupe du monde Fortnite, et envisage à son tour un tournoi de type olympique pour 2024. En Chine, « League of Legends est le troisième sport le plus suivi derrière le football et le basketball » nous indique le coach de la Team FunPlus Phoenix. 40 000 personnes dans le Nid d’Oiseau de Pékin pour la finale des Worlds en 2017. Là-bas, l’eSport ne se limite pas à une diffusion en ligne. C’est aussi sur certaines chaînes de télévision, dans les bars… Il existe même une Ligue professionnelle de LOL (LPL).

Une bonne chose ?

Mais qu’en pensent les joueurs sur leur statuts ? « Nous avons un coach et il y a un aspect mental très important. Mais c’est vrai que d’un point de vue physique et musculaire, on ne rivalise pas avec les autres athlètes » s’exprime un professionnel de FIFA. ils veulent pouvoir conserver leur liberté et la dernière chose qu’ils souhaitent, c’est une réglementation officielle de leur activité. Dans notre pays, on distingue le sport des activités ludiques. Les activités ludiques, telles que l’eSport, sont libres. Elles relèvent de la seule sphère privée. Les activités sportives, elles, ne sont pas libres. Pour une raison simple : en France, le sport est considéré comme une politique publique, gérée par l’Etat. Liens étroits avec d’autres politiques publiques, comme l’éducation, la santé ou l’aménagement du territoire. Cela impliquerait une forme de fédérations, soumises à la tutelle de l’Etat, pouvant aboutir à tuer leur propre pratique. 

Les progrès sont nets. Le gaming prend place partout dans le monde mais le chemin est encore long. Il faudra être patient avant de voir des affiches aux JO France – USA sur Counter Strike, Fortnite, LOL et bien d’autres. 

L'auteur : Hugo Bouqueau

Etudiant en science politique, apprenti journaliste, s'inspirant des brillantes analyses de Ricco Blanco de la Plata ( cf Eric Blanc ). Sportime alimente votre molécule du plaisir, et je vous fais prendre votre pied. Faut pas voir petit, il faut voir juste.

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